jeudi 7 mars 2013

Nefertiti reine du Nil

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Fernando Cerchio & Ottavio Poggi, 1961. Avec Jeanne Crain, Edmund Purdom, Vincent Price, Amedeo Nazzari / 100'
Depuis son plus jeune âge, Tanit - une jeune orpheline - vit recluse dans un splendide palais sur les bords du Nil. Elle a rencontré en secret un jeune sculpteur, Tumous. Les deux jeunes gens s'aiment, et décident de fuir ensemble. Mais leur projet est découvert par le Grand Prêtre d'Amon, Bénakon, qui se déclare son père et affirme l'avoir destinée à de grandes choses. Elle sera reine d'Egypte, affirme-t-il, car les dieux et le Pharaon mourant l'ont choisie comme épouse du prince Aménophis.
C'est la réplique italienne - un peu tardive : L'Egyptien, 1954, Nefertiti, 1961 - au célèbre film de Michael Curtiz, avec, dans le genre «légendes cinématographiques», l'hiératique Vincent Price s'efforçant de remplacer le truculent Peter Ustinov ! Freud, dans Moïse et le monothéisme, voyait une filiation entre la pensée d'Aménophis IV Akhénaton et celle de Moïse, qui serait un de ses disciples - peut-être bien même un Egyptien. Mais l'égyptologue Cyril Aldred, dans son Akhénaton, nuance cette hypothèse romantique : le «monothéisme» atonien n'a rien en commun avec le culte sémite d'Adonaï. Moïse lui-même ne serait qu'une projection fantasmatique des rédacteurs du «Livre de l'Exode», un personnage inconnu des annales égyptiennes. Un héros de légende. 
Nefertiti, «La Belle est Venue»... insondable mystère de l'Histoire ! Etait-elle princesse mitannienne ou égyptienne ? Ici incarnée par Jeanne Crain, sa beauté ensorcella par-delà l'abîme du temps - très exactement depuis la découverte de son buste, actuellement conservé au Musée archéologique de Berlin, dont les lignes pures ont été érigées en canon académique. Dans ce film, Fernando Cerchio tenta d'imaginer les péripéties mouvementées sur fond de guerre de religion au cours desquelles le sculpteur Tumous (Edmund Purdom) réalisa ce chef d'œuvre de la statuaire égyptienne retrouvé depuis dans un atelier de Tell el-Amarna (*).
Ont également incarné Nefertiti au grand ou petit écran : Rita Gam, dans The Secret of Nefertiti (TV - Série «Believe It Or Not», 1950); Sarah Churchill, dans Nefertiti (TV - Série «The Hallmark Hall of Fame», 1952); Anitra Stevens, dans L'Egyptien, 1954; Valia Boulay, dans Néfertiti et le rêve d'Akhénaton de Jean-Marie Coldefy & François Dupeyron, d'après la pièce d'Andrée Chedid (TV, FR - 1978); et Michela Rocco Di Torrepadula, dans Nefertiti, fille du Soleil, de Guy Gilles (IT-FR-R.A.U., 1993).
En 1987, Walerian Borowczyk
(Les Contes Immoraux; L'Art d'Aimer (d'après Ovide); Emmanuelle 5...) avait lui aussi envisagé de tourner une Nefertiti - mini-série TV en six épisodes - mais le projet n'aboutit pas.
(*) On a supposé qu'il s'agissait d'un portait officiel destiné à servir de modèle aux artistes.
Michel ÉLOY :  http://www.peplums.info

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